Faut-il supprimer le lait de notre alimentation ?

Faut-il supprimer le lait de notre alimentation ?

L’intolérance au lait, chez l’adulte, est ancestrale et quasi normale. Dans des temps lointains, notre espèce, comme tous les mammifères, se nourrissait exclusivement de lait pendant sa petite enfance. Puis en grandissant l’alimentation devenait plus variée. A l’âge adulte nos ancêtres lointains ne buvaient plus de lait.

Ce n’est qu’après la sédentarisation et le début de l’élevage que l’adulte commence à compléter son régime alimentaire par le lait de la traite des animaux domestiqués.

Le lactose et sa digestion

Le lactose contenu dans le lait peut être digéré grâce à l’action d’une enzyme secrétée par les cellules de revêtement de l’intestin grêle, la lactase (1).

A mesure que l’individu grandit et absorbe moins de lait, la sécrétion de lactase diminue dans des proportions très différentes selon chaque individu.

Voilà l’explication : sans la quantité de lactase suffisante, le lactose n’est pas dégradé donc non assimilé. Des bactéries intestinales le décomposent en donnant du gaz et certains composants qui sont à l’origine des troubles digestifs caractéristiques de « l’intolérance au lait » : ballonnements, flatulence, diarrhée voire vomissements.

Une mutation génétique

Mais alors pourquoi certains individus (un tiers de la population de la terre) continuent-ils à boire du lait sans aucun problème ?

Il y a entre 5 000 et 10 000 ans, au cœur de la future Europe, est apparue une mutation génétique qui a entrainé l’activation permanente du gène de sécrétion de la lactase. Les individus qui en sont porteurs n’ont pas de problème pour digérer le lactose ayant une production suffisante de lactase.

Cette mutation qui est présente chez un tiers des individus sur la terre a une répartition très inégale avec une grande disparité géographique. Les européens en sont pourvus généreusement c’est le cas des Irlandais qui sont 95% a pouvoir boire du lait sans problèmes alors que chez les asiatiques et les amérindiens le taux n’est que de 5 à 15% de la population.

Faut-il supprimer le lait ?

Se priver complétement de lait est inutile. Pourquoi ?

  • Car il persiste toujours une activité de la lactase variable selon les individus.
  • L’industrie laitière a mis en vente des laits sans lactose qui permettent ainsi d’avoir sa dose de calcium journalière.
  • Et puis, dans les dérivés fermentés du lait comme le fromage et les yaourts le taux de lactose est faible.
  • Même du lait entier peut-être bu, chaque individu connaît son seuil de tolérance. Des mesures simples peuvent être prises comme éviter de boire du lait à jeun et l’associer à un plat composé comme le riz au lait.

Rien de mieux qu’une alimentation variée et équilibrée !

Attention

Ne pas confondre l’intolérance au lactose dont nous venons de parler, avec l’allergie aux protéines du lait de vache. Cette pathologie peu fréquente (moins de 3% des nourrissons) disparaît spontanément dans 90% des cas avant l’âge de trois ans mais doit être pris en charge de manière médiacle.

(1) le rôle de la lactase est de couper la molécule de lactose en deux : glucose et galactose.

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